Ce guide existe en trois longueurs.
Prenez celle que votre tête peut porter aujourd'hui.
La liste fait peur ; la réalité est qu'aucun malade ne les a tous. On observe plutôt des grappes de symptômes qui vont ensemble. Voici les quatre les plus fréquentes.
Fatigue qui ne cède pas au repos, malaise post-effort, jambes lourdes, besoin de s'allonger après une douche.
Mots qui manquent, lenteur, perte du fil, incapacité à suivre deux choses. Souvent pire en fin de journée.
Cœur qui s'emballe en se levant, vertiges, malaise debout. C'est souvent un POTS et il se teste simplement.
Essoufflement sans anomalie au scanner, oppression thoracique, respiration qui « ne va pas au bout ».
S'ajoutent : troubles du sommeil, douleurs diffuses, perte de l'odorat, troubles digestifs, intolérances alimentaires ou médicamenteuses, aggravation autour des règles.
Vous faites quelque chose de banal : des courses, un appel long, une émotion forte. Sur le moment, ça passe. Puis douze à soixante-douze heures plus tard, tout s'effondre : fatigue écrasante, douleurs, brouillard, parfois de la fièvre.
C'est ce décalage dans le temps qui trompe tout le monde, y compris les médecins : la cause et l'effet sont séparés de plusieurs jours.
Conséquence directe : la rééducation par l'effort progressif, utile dans beaucoup de maladies, peut ici aggraver durablement l'état. C'est la première chose à dire à un kiné.
La récupération peut demander des jours, des semaines ou ne pas revenir au niveau d'avant.
Il n'existe aucun test sanguin du Covid long. Les bilans standard reviennent le plus souvent normaux, c'est attendu, et ce n'est pas une preuve que vous allez bien. Le diagnostic repose sur trois conditions.
La recherche converge vers plusieurs mécanismes qui coexistent probablement, à des degrés différents selon les malades. Aucun n'est encore une explication complète.
Des fragments du virus, protéine spike, ARN, ont été retrouvés dans l'intestin, les ganglions et le tissu nerveux plusieurs mois après l'infection, entretenant une alerte immunitaire.
Profils de cytokines anormaux, auto-anticorps dirigés contre les propres récepteurs du corps, réactivation de virus dormants comme l'EBV.
Microcaillots résistants, atteinte de la paroi des petits vaisseaux : l'oxygène arrive mal jusqu'aux muscles et au cerveau, ce qui expliquerait l'épuisement à l'effort.
Le pilote automatique du corps, rythme cardiaque, tension, digestion, température se dérègle. C'est la dysautonomie, dont le POTS est la forme la plus connue.
La première de ces phrases « c'est le stress » mérite une pièce à elle seule : elle retarde le parcours de soin de mois entiers, et elle se désamorce. Voir la pièce E →
Chaque affirmation de ce guide vient de sources publiques : recommandations de la Haute Autorité de santé, définition de l'OMS, revues systématiques et études de cohorte. Le détail, étude par étude, est rassemblé dans la pièce dédiée.
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